Ce n’est vraiment pas facile quand on a des valeurs morales de passer à coté de tant d’abus des gens de pouvoir et voir tant de gens dans le besoin et la misère. Quand la solution ne demanderait qu’un geste de solidarité. Quand on a des convictions et l’esprit ouvert, quand on est prêt à faire changer les choses alors on est déterminé et on a le génie nécessaire pour l’exprimer. On a le courage ce qui donne confiance en soi et décuple nos forces. Il y a le courage de la tête et le courage du coeur dit le dicton.

Mais la colère est double et si on ne prend pas la dimension de son pouvoir elle peut se révéler traître. La colère est comme le grêlon à la fois il peut détruire et à la fois il peut se transformer en eau et devenir source de vie. On parle par fois de la colère qui fait vivre, qui donne la force pour la mise en route d’un projet. La colère représente le pouvoir d’évoluer à l’intérieur de soi et favorise la formation de la pensée. Elle est messagère et prend de la force pendant les crises personnelles en nous guidant dans notre vie ; elle nous sert de signal intérieur, un avertissement que notre paix intérieure a été bouleversée. C’est pendant ces périodes que les valeurs essentielles apparaissent… il faut, alors, l’utiliser en tant qu’alliée.

Cela peut venir d’une situation extérieure, d’un mot, d’une phrase, d’un geste…La colère sert de masque pour des blessures, des peurs et des sentiments d’abondant profondément encrés. Il ne faut pas avoir peur d’explorer sa colère. Il ne s’agit pas de se battre ou de l’affronter (car la colère n’est ni bonne ni mauvaise), il s’agit de la comprendre. Savoir pour quoi la situation, la phrase, le mot nous provoque ce déséquilibre émotionnel. L’exercice n’est pas simple car pour bien le faire il faut faire abstraction de la réalité matérielle, de cette “injustice” qui a servit d’étincelle. La colère se révèle donc comme une invitation à méditer sur soi avant d’agir. Car elle nous nourrît de la force et de l’énergie nécessaire pour rompre des carcans d’impuissance qui font stagner une situation et provoquer le changement, mais l’action doit témoigner d’une compréhension profonde de la source de cette force. Si elle peut s’avérer libératrice elle peut également être destructrice si nous n’avons pas effectué notre voyage intérieur et compris l’essence même de notre douleur.

Le chemin de la colère n’est pas simple, car même s’il avance avec droiture en compagnie de notre volonté comme soutient pour garder le cap, elle opère toujours par son contraire. Pour sortir de la mer elle nous plonge la tête dans l’eau, notre volonté de vivre nous donne la direction et la colère, la force qui nous poussera vers le haut. La colère est l’expression humaine des forces de la nature que Archimède de Syracuse observa sur le monde de la matière.

La colère se situe au passage entre deux mondes celui de la vie qui crée et protège et celui de mort et de la destruction. La frontière est marquée par le passage de la lumière à l’ombre. Dès que nous manquant de Lucidité la colère nous emmène de l’autre coté. Il faut donc faire preuve de maîtrise car comme on dit “Les effets de la colère sont beaucoup plus graves que les causes.” La colère nous enseigne qu’il faut savoir regarder au plus profond de soi pour découvrir la structure essentielle sur laquelle on bâtit notre vie. Il faut comprendre les épreuves. Car quand elle nous échappe et qu’elle devient la colère qui désire un mal sous la raison du bien, alors nos principes et convictions se transforment en dogme et nous tombant dans une spirale peu saine.

Les convictions ne doivent jamais se transformer en dogme, car le dogme n’a jamais fait avancer ni la connaissance ni le monde dans lequel on vie…il n’est pas facile de nos jours de garder des principes sains servant de repères et garants d’une indépendance d’esprit.

La différence entre les convictions et le dogme est la différence entre dire “je ne comprends pas mais je voudrais comprendre” à la place de “c’est impossible, ça n’existe pas” ; la différence entre chercher à faire correspondre les faits aux croyances pour protéger notre image face à aller émettre d’autres hypothèses, les étudier et changer ce qui est peut être meilleur.

Quand une affirmation considérée comme fondamentale et incontestable s’impose par la force elle perd toute légitimité et ne peut prétendre être le chemin d’atteindre une vérité absolue, car elle clos la réflexion. Si le respect d’une valeur émane de la peur …
“La peur amène avec elle d’habitude une prédiction qui se réalise” dit la croyance populaire.

Vivre dans la peur conduit à vivre avec prudence, voir ignorance… car on préfère ignorer ce qui peut faire douter et refuser tout débat. On tient plus à sa réputation qu’au rétablissement de “la vérité” ou à l’amélioration d’une situation qui comporte un changement et donc un risque de déstabilisation de l’ordre dogmatique : ignorer les preuves et continuer dans la lignée établie est plus facile et nécessite moins d’énergie que de construire un nouveau modèle qui pourrait remettre en cause l’ego.

C’est dans nos peurs que nous trouvons nos plus belles victoires. La peur possède trois armes : la confusion, le doute et la douleur. Le dogme les utilisent pour nous prendre en otage puis il établie ce qui est bien ou mal par le revers de la main. Le dogme nous emmène à une situation d’arrêt intellectuelle et moral. Il nous aveugle avec la peur et nous accueille dans des cousins en plume pour nous dire “ici tu es en sécurité”. Un double langage qui utilise la peur pour créer une adhésion par ce qu’il osera appeler la foi. Cet engagement se sait, il est connu, et il transmet une image aux autres, il engage son ego. Quand celui qui est engagé honore son engagement envers le dogme, il y a des conséquences, mais quand il s’agit d’assumer ces conséquences alors celui qui s’est engagé préfère fermer les yeux et oubliez tout inquiétude puis répondre “je ne fai que servir”. L’ego devient créateur des nos peurs et incertitudes.

Mais rappelons nous que tout, dans l’univers entier, est en mouvement et tout est en changement perpétuel.

Finalement il n’y a pas d’autre ennemi à craindre que la peur car “la peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine mène à la souffrance” (Georges Lucas).

@Regards de Femme// Les Pensées Akelarre np©nathalie.peguero
17/01/2009

Citer en tant que:
Nathalie PEGUERO: Reflexion à haute voix: « Le Dogme, un faux ami 1.3 » Coll. Les Pensées Akelarre Ed. WordPress on line. 2009