Au cours des différents régimes qui se succédèrent au XIXème siècle, une forte lutte mit en évidence que la liberté dans l’art et la liberté dans la société étaient désormais indissolubles. Cette vision fut énoncée à travers les paroles de Victor Hugo qui exprimèrent clairement dans la préface d’Hernani l’aboutissement du développement de la pensée romantique.

Cette recherche de liberté se manifeste plus tard dans les différents courants littéraires et artistiques ainsi que dans des mouvements sociaux tels que le mouvement des ouvriers (dimension sociale), celui des féministes (dimension politique) et des lesbiennes (dimension identitaire). Une recherche de liberté d’expression, d’action et de pensée face à la misère de la condition humaine quel que soit son contexte.

Un autre élément important commence à se dévoiler à cette époque : la montée en puissance de la bourgeoisie, grâce à un capitalisme commercial protégé par le gouvernement qui facilite le développement de l’industrie. Toutefois, c’est à partir de juin 1848 que commencent vraiment l’évolution industrielle avec les voies ferrées et maritimes, les réseaux routiers … et avec les transports, l’amélioration du système postal.

Ceci sera un élément déterminant dans l’évolution des mentalités. Et le premier grand évènement est la notion de militantisme qui naît en 1864 avec l’apparition des premiers syndicats ouvriers. C’est dans ce modèle que les femmes vont commencer à faire entendre leurs voix.
La femme est contenue dans un système patriarcal dans lequel son rôle reste réduit à la soumission et à la procréation. 

On y trouvera deux tendances de résistance :

– L’une réformiste, féministe qui recherche le changement dans la “douceur” acceptant la souffrance sous la mesure du regard des autres ; 
- L’autre révolutionnaire, lesbienne, est à la recherche de sa propre identité.
Les premières se battront dans le milieu politique, les deuxièmes trouveront leur milieu dans l’expression artistique.

Au début du XXème siècle une effervescence intellectuelle et esthétique s’exprime à Montmartre et Montparnasse. Le prestige qui entoure l’activité poétique favorise les rencontres et les créations de groupes… où les poètes rencontrent des peintres, des sculpteurs, des acteurs, des chanteurs, des photographes….
 
C’est en 1909 que Nathalie Cliffod Barney crée le salon “Le temple de l’amitié” au 20 rue Jacob à Paris sur la Rive Gauche. Dans ce salon hautement fréquenté par celles qui formeront le cercle féminin le plus important de ce début de siècle, on croise des noms comme ceux de Colette, Renée Vivien, Claude Cahun, Gertrude Stein, Djuna Barnes, Janet Falnner, Solita Solano, Thelma Wood,  Romaine Brooks, Mata Hari, Emma Calvé, Liane de Pougy, Lucie Delarue Mardrus, Germanine de Castro, Gisèle Freund, Dolly Wilde, Indora Duncan, Joséphine Baker, Alice B Toklas, Marie laurencin, Sarah Bernhardt, Mildred Aldrich, Myra Ederly, Camille Sigard, Janet Scudder, Etta et Claribel Cone, Annette Rosenshire, Duchesse de Clermont, Tonnerre, Mina Loy, Redclyffe Hall, Margaret Anderson, Jane Heap, H.D…. Ces femmes feront leur place dans le monde artistique et littéraire de cette époque.

C’est dans ce cadre que certaines d’entre elles marqueront de manière plus forte le refus systématique d’une vie qui les emprisonne ; un refus avide sur toutes les obligations intellectuelles, morales et sociales imposées par l’image de la femme dans le concept patriarcal, un refus de ces conditions de vie et des contraintes de la culture qui leur est réservée. C’est la recherche d’un esprit libre et d’une liberté sexuelle pour finir avec les conventions et les préjugés sur la jouissance de la femme, ces plaisirs et ces désirs. Un mode de vie qui s’en décline et s’affranchit, une attitude de vie, une identité, jusque-là voilée pour la femme, qui prend forme à travers les écrits et sur tout leur mode de vie.
 
Dans cette lutte, des écrivaines lesbiennes manifestent leur choix et leur amour pour les femmes. La première à s’annoncer publiquement en France sera Pauline Mary Tam, plus connue sous le nom de Renée Vivien. Suivront Nathalie C. Barney, Colette, Gertrude Stein, Djunga Barnes, Alice B. Toklas, Doly Wilde, Janet Flanner, … et d’autres avec une censure personnelle : Liane de Pougy, Lucie Delarue Mardrus,…
Plusieurs périodes de transition, d’apogée et de lutte s’inscrivent dans le XXème siècle avec des virages importants et des périodes partagées avec la lutte des féministes.

7 étapes peuvent être soulignées au XXème siècle :

1° – 1901 Dévoilement : “Etudes et préludes” de Renée Vivien

2° – 1909 Insouciances et frivolité : Le temple de l’amitié
3° – 1924-1939: Age d’or du Temple:

3°bis – 1922 1er Clivage : « La garçonne » Victor Marguerite et 1929 ; “Orlando” de Virginia Woolf

3°ter – 1936 Ghettos : Triangle Rose, 1949 “Le deuxième sexe” de Simone de Beauvoir

4° – 1968 Lutte : Révolution sexuelle

5° – 1981 2ème Clivage: Monique Wittig

6° – 1989 Visibilité Cinéffable
7° – De nos jours… La construction

@Regards de femme// Les Pensées Akelarre np©nathalie.peguero
06/02/2004

Citer en tant que:
Nathalie PEGUERO: Reflexion à haute voix: « Quand liberté et identité se prennent par la main 1.4 » Coll. Les Pensées Akelarre Ed. WordPress on line. 2009

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