Le monde de la virtualisation a permis la démocratisation de prouesses rhétoriques jusque là, réservées aux artistes. En quelque sorte elle a permis à l’artiste qui est en nous, d’éclore à travers la naissance des dits “avatars” qui jaillissent en gestations en chacun d’entre nous. La création d’une identité distincte de celle que nous avons dans la vie réelle permet à chaque individu d’exploiter une partie de soi, jusqu’à la museler. Cette portion de notre identité qui dans le monde réel fait partie de notre zone d’ombre, se dévoile en pleine lumière pour s’exprimer en toute liberté. Souvent passionné, cet avatar reflète toute la complexité et la richesse de notre identité réel.

Certains diront que l’avatar représente un masque comme celui que nous portons au carnaval et qui nous libère de nos inhibitions sociales ou, un maquillage qui comme des peintures de guerre libère la bête qui est en nous. D’autres encore diront que c’est plus profond et qu’il serait plus proche du tatouage qu’il suffit de regarder avec plus de perspicacité pour le voir inscrit en nous. Finalement d’autres diront qu’il s’agit plus d’un far à paupière et de crayon noir pour souligner et mettre en valeur nos atouts.

Nous utilisons l’avatar comme l’artiste utilise le pseudonyme. Mais l’avatar change, évolue , selon l’âge, les sites, les sujets, l’état d’âme. Y aurait il un Fernando Pessoa caché en chacun de nous? Pessoa était maître en matière de création, non pas des oeuvres signées par des pseudonymes, mais dans la création d’identités de “fiction” avec vie propre qui avaient leurs propres idées, leurs propres histoires, leurs propres relations et amitiés, correspondances et leurs propres créations.

S’agit-il d’identités multiples ou d’une identité mutante? Tout comme la glace qui fond au soleil, l’identité de l’individu qui aborde le monde virtuel se modifie, se fragilise ou se renforce, mais surtout il se débarrasse de son enveloppe sociale, de son paraître. Un mirage de liberté… L’illusion n’est que temporaire, car le paraître est extrêmement lié à l’avatar tout comme l’avatar reste extrêmement lié à la société, soit par attraction, soit par opposition. La nouvelle enveloppe qu’il va acquérir va dépendre des quatre axes d’évolution: Axe Temporel, Axe Spatial, Axe d’Action et l’Axe Émotif.

L’avatar utilise son propre langage, codé, secret, … Le “Je” du monde réel devient “Nous” dans le monde virtuel, un “Nous” implicite dans chaque “verbalisation” de l’avatar. Le “Nous” implique l’identité de l’avatar et celle du créateur (celui qui crée ainsi son propre espace imaginaire tel un sculpteur, et qui taille l’environnement qui entoure sa nouvelle identité). L’avatar devient un véhicule, qui sert de projection pour la création d’un écosystème.

Ainsi les avatars naissent, évoluent, disparaissent, réapparaissent puis sont détruits selon la volonté de leurs créateurs, ces nouveaux dieux d’Atlantis qui mélangent réalité et fantasme dans un écosystème virtuel qui prend toute sa “réalité” dans le net.

@Regards de Femme// L’esprit d’Atlantide np©nathalie.peguero

17/07/2009

Citer en tant que:
Nathalie PEGUERO: Reflexion à haute voix: « Les Dieux d’Atlantis 2.3 » Coll. Lʼesprit d’Atlantide Ed. WordPress on line. 2009