Il est par fois difficile de faire la paix avec les autres, de leur pardonner ces actes qui ont tant fait souffrir. Quand on comprend d’où vient leur mal, pour quoi ils le font, et comment ils sont arrivés à ce perdre eux mêmes, nous avons déjà fait une partie du chemin.

Le problème apparaît quand on a pas pu le faire à temps. Là, la culpabilité, le chagrin, la honte, voir la colère, par fois exprimée violemment sans maîtrise de soi, nous obligent à faire d’abord la paix avec nous même. Et ça c’est plus compliqué.

Le mélange est assez perturbant et la porte de sortie ne parait absolument pas évidente. Il faut d’abord les discerner pour les comprendre et agir. La culpabilité est une agitation de l’esprit qui n’a plus de repère, elle naît d’un conflit entre un sentiment de confusion et de tristesse. On se sent comme dans une nébuleuse et on avance avec le regret, à tâtons. Pour disperser les nuages qui entoure le coeur il n’y a que l’honnêteté pour introduire, l’ordre, la clarté et la paix.

L’anxiété engendrée par la culpabilité ébranle notre confiance, déforme notre jugement et trouble notre perception. Et quand on regard en arrière vers le passé les souvenirs, les blessures sont vues différemment. Le chagrin rempli notre coeur, le passé est encore présent, et on s’en veut de ne pas avoir réglé nos peines plus tôt. Le regret des choses inachevé et les nouvelles circonstances nous troublent car on se dit qu’il est trop tard. Mais c’est maintenant qu’on a la force pour aboutir. Il n’est jamais tard. Il faut accepter que nous sommes ce que nous sommes car nous avons vécu ces moments qui nous ont fait grandir. Pour ça il faut s’accepter telle que nous sommes et voir le bien que nous avons fait et apporté, … car nous sommes.

Quand on ouvre la porte à l’amour et qu’on se dit qu’il est trop tard, alors la douleur du regret de ne pas avoir dit « je t’aime » nous apprennent deux choses : d’une part que aujourd’hui le coeur est entrain de guérir car jamais avant on n’aurait pu avoir ces mots à la bouche. On comprend sa douleur et que même si on ne cautionne pas ses actes ils nous apportent une leçon encore aujourd’hui sur les frontières de ce on ne voudrait plus voir reproduire dans notre vie (que ce soit la violence envers les être plus faibles, le manque d’attention envers les gens que on aime, le fait de ne pas avoir demandé de l’aide quand il le fallait, le fait de ne pas affronter les peurs et les responsabilités, …) Tout cela nous montre que quand on reproduit un de ces schémas, qui n’a pas de place dans notre vie, on arrive à l’échec d’une relation ou d’une situation, que ce soit nous qui le générons, qu’on l’accepte ou qu’on le subisse.

Aujourd’hui on est ce qu’on est et nos limites, nos principes sont nés de ce que nous avons vécu. Notre mère, notre père, nos frères et soeurs ou nos grands parents, nos oncles et tantes,… ont construit ce que nos sommes autant que ce que nous ne voulons pas être. Chacun a apporté sa pierre autant par ce qu’il avait de bien que ce qu’il avait raté. Il ne faut pas avoir honte et se cacher derrière un orgueil car c’est une ombre sur la confiance qui sabote notre acceptation de soi. Il faut reconnaître la raison de sa douleur avec fierté, accepter qu’elle a servit dans notre croissance.

Si on a tous les éléments, c’est plus facile de faire la paix avec notre présent qu’avec notre passé.

L’acte du pardon nécessite beaucoup de courage. On dit que « s’accrocher à un ressentiment c’est abriter un voleur dans son coeur ». Le ressentiment est un gouffre d’énergie, il nous épuise, il nous vide de notre force, celle qui nous permettrais de nous reconstruire et de guérir nos plaies. Forcement cette énergie on va tenter de la puiser ailleurs, par fois chez nos proches, alors l’engrenage est en marche.

Pour en sortir il faut fermer la porte sur le passé, éliminer notre résistance interne, tous les coins d’ombre de notre vie, … tout en affirmant notre volonté de vivre et d’avancer… ce n’est pas chose facile. C’est uniquement avec le temps, de la modestie, de la patience et de l’honnêteté qu’on arrive à nous libérer de notre passé et a le laisser partir.

C’est une croissance lente. Les vikings disait « Nous grandissons comme pousse le bouleau, sortant de nouvelles feuilles au printemps, et durant tout ce processus, l’âme reste cachée ajoutant anneau après anneau après anneau. »

La joie qui en découle quand on y arrive, cette légèreté, nous fait revivre. Et nous redonne une impulsion de vie. L’épanouissement soi… on se sent plus mûre, plus fort et prêt à se reconstruire.

@Regards de Femme// Les Pensées Akelarre np©nathalie.peguero
07/08/2009

Citer en tant que:
Nathalie PEGUERO: Reflexion à haute voix: « Fermer les portes du passé 1.5 » Coll. Les Pensées Akelarre Ed. WordPress on line. 2009