Depuis la nuit des temps l’être humain tente de comprendre le monde dans lequel il grandit et il vieillit. La peur, ne pas savoir, l’incertitude sont autant de raisons qui le poussent à se plonger autant dans la technique que dans la magie.

Citer en tant que : Nathalie PEGUERO : Réflexion à haute voix: « Une intuition, deux approches 4.4 » Coll. Quête sur la nature du Temps Ed. WordPress on line. 2009

capture-decran-2016-09-24-a-19-31-37

Deux grands courants apparaissent: Un, qui défend l’hypothèse qu’il existe un monde dont nous en avons l’intuition qui est hors de notre portée sensitive, et qui organise notre entourage au quotidien. L’autre, qui soutient l’hypothèse que la logique analytique est la seule capable de nous aider à comprendre la réalité dans laquelle on vit.

Le premier courant pense que notre monde visible n’est qu’un reflet d’un ordre qui est inaccessible à notre savoir-faire technique et qui reste donc jusque là invisible. Pour saisir sa nature nous devrions dépasser les limites des compétences développées par la science actuelle. Le lien entre la “structure primordiale” et le monde physique qui nous entoure est une logique qu’on ne peut appréhender qu’à travers des jonctions symboliques. Des notions telles que les idées, les archétypes, les champs morphogénétiques, les signatures,… ont été énoncées par des éminences grises comme Platon, Jung, Paracelse ou Scheidrake.

Le deuxième courant est développé par des Aristote, Descartes, Averroès et une majorité de scientifiques. Cette approche estime que la science a toutes les compétences nécessaires pour comprendre la causalité qui relie les événements de la vie. Ce qui n’est pas compris dans une approche simple nécessitant une étude plus minutieuse et approfondie.

Les uns focaliseront leur quête à travers le langage des symboles. L’intérêt est porté sur le sens de cette réalité sous-jacente, qui ne peut se mesurer. Aucun laboratoire scientifique ne peut le décomposer, car ce n’est pas de la matière mais de la signification, il ne s’agit pas d’étudier ou d’observer l’objet (élément superficiel de la réalité, telle que la mousse d’une boisson) mais de la révélation du sens qu’elle comporte. Ferdinand de Saussure dirait qu’il ne s’agit pas du contenant mais du contenu. Cette force qui donne du sens aux choses et qui lui donnent leur place dans le puzzle de la vie.

Les autres défendront l’idée que la connaissance de la logique qui dirige les forces de la nature, telles qu’elles sont décrites par la science, est la seule méthode qui rend possible la liberté de l’être humain. Elle établit un cadre qui ne peut être remis en question. Ce cadre devient une loi et la causalité devient une évidence naturelle. Le déterminisme scientifique donne un point de repère à l’écosystème qui nous entoure. Il devient l’habillage des murs de notre habitat. Il est objectif car il centre son intérêt sur l’objet, celui qui est visible, mesurable. Le langage analytique ne laisse pas de place à l’approximation. Il est en quelque sorte fataliste car il n’a pas d’alternative mais il rassure.

Serait-ce le rôle de la science d’éloigner la peur de l’être humain?

La prévision est attachée aux méthodes symboliques. Elle émane d’une nébuleuse de codes que la science décrirait comme aléatoires. La peur, la méfiance crées par l’incertitude provoque une rupture plus prononcée entre ces deux courants à partir du XVII siècle. Ces deux approches pouvaient cohabiter chez un même érudit, mais les avancées technologiques et les découvertes scientifiques ont, tel un scalpel, sectionné cette cohérence vitale en renforçant l’ego des analystes et reléguant les symbolistes à un mysticisme réservé au initiés. Mais le langage lui même qu’on utilise pour étudier, mesurer et évaluer n’est-il pas aussi pure convention de codes et de sens arbitraires et donc rempli d’autant d’approximations que de certitudes?

Depuis la nuit des temps l’être humain découvre les outils ou le feu et les traite à travers une approche technique et utilise comme complément de leur vie, la magie. Ensuite il développe une démarche dite empirique et la magie bifurque en se transformant en philosophie et en ésotérisme. Pendant des siècles ces deux approches ont été reliées: l’agriculture, l’astronomie, les mathématiques et d’autres sciences dites exactes avançaient et grandissaient grâce à cette nébuleuse qui entourait leur carré de savoir. Pour tenter de valider certaines croyances qui se construisent dans la logique et à travers des méthodes de recherche, l’être humain donne des lettres de noblesse à certaines études qu’il nomme sciences humaines.

Il est pourtant difficile à la science d’appréhender les sens des objets qu’elle étudie. Cette caractéristique reste non quantifiable et ne possède aucune dimension qui lui permet d’être transposée dans un diagramme cartésien. Mais si la méthode analytique ne peut aborder cette “objet” d’étude, pourquoi nier désormais la possibilité à d’autres approches de traiter le thème. Certains courants qui aujourd’hui ont gagné leurs titres de noblesse n’étaient considérés que des pseudosciences plus proches de l’ésotérisme. Dans la stèle de l’histoire, l’astrologie ou la psychanalyse ont subi le même sort. Le symbolisme reste alors une porte de secours.

Prenons un exemple concret : le temps.

Le courant analytique traite le temps comme une variable ou une flèche. Mais il n’est pas capable de donner la valeur subjective du temps, son sens, sa signification.
Le temps laisse une empreinte sur l’être humain qu’il imprègne. Le courant symbolique va au-delà de la méthode déterministe et ouvre les yeux sur les forces signifiantes des objets. Le sujet d’étude est le souffle qui remplit la coquille.

De nos jours ces deux courants commencent à se rapprocher de nouveau: les mathématiques ont ouvert la porte aux statistiques, aux probabilités. Des notions comme l’effet papillon, les fractales, la théorie du chaos, la biochimie du cerveau, la mécanique quantique ou encore la mécanique des fluides sont autant de méthodes qui rendent l’explication de la réalité visible possible.

Comprendre les limites de son champ d’investigation, les restrictions imposées par la Méthode, et s’intéresser à l’unicité de la personne sont des approches qui donnent à réfléchir à d’autres formes de rationalité: comme la logique analogique de Newton ou Paracelse, la logique du tiers inclus de Lupinose ou encore la logique cyclique dont la vie biologique est friande et dont la pensée orientale a magnifiquement su rendre compte.

Se questionner sur la vision du monde imposée aux hommes par la science depuis quatre siècles, devient alors légitime.

@Regards de Femme// Quête sur la nature du Temps np©nathalie.peguero
27/09/2009

Citer en tant que : Nathalie PEGUERO : Réflexion à haute voix: « Une intuition, deux approches 4.4 » Coll. Quête sur la nature du Temps Ed. WordPress on line. 2009

double approche

L’histoire veut que ces deux approches avancent dans la même direction tressant une forme à double hélice, ouvrant des ponts d’interaction qui les réunit.

perception

Regarder le monde dans sa globalité et le comprendre n’est guerre chose facile l’approche analytique a naturellement des lacunes que l’approche symboliste compense.