La société capitaliste ne peut exister qu’en entretenant sa part d’ombre. Son démon lui permet d’aborder un discours vertueux de bien et de mal. Ainsi la Guerre froide a permis au capitalisme de se battre dans l’univers des idées et, donc de la morale. Les Guerres des Buchs* ont tenté cette approche également, personnifiant le mal dans le terrorisme en lui donnant un nom et un visage pour rassurer le contrôle de la situation.

Aujourd’hui on vit une période de Globalisation qui ne peut subsister, car la victoire du capitalisme comporte sa disparition. Les grands acteurs de cette globalisation doivent s’auto imposer des lois anti-trust et désigner un concurrent digne à combattre et pouvoir maintenir l’énoncé: “c’est grâce à mes concurrents que je suis meilleur chaque jour”.

Mais la situation à ce jour est encore un peu plus complexe. L’arrivée d’ Obama s’inscrit dans le désir de changement, un changement dont l’€cosystème capitaliste a besoin pour survivre. Et le prix Nobel de la paix est justement donné dans l’idée de mettre la pression dans ce sens. Mais pourquoi la paix quand un démon est nécessaire?

Si le capitalisme a besoin de guerres pour s’autoréguler il n’est absolument pas nécessaire d’en avoir en période de crise financière et de pandémie. La paix est donc nécessaire. De plus la recherche spatiale vient de trouver de l’eau sur la lune. D’autres études sont en cours pour vérifier la faisabilité de l’installation d’une plate-forme habitée permettant de lancer des opérations sur d’autres planètes. Mais ne soyons pas naïfs, le démon est autant nécessaire car grâce à lui l’€co-sytème capitaliste développera la dimension morale qui lui fait défaut et grâce à laquelle il obtiendra une certaine solidité et vertu.

Dans le rôle du démon, certains pays ne sont plus candidats : La Chine est devenue la source financière mondiale, centre accumulateur de la trésorerie mondiale, et est le principal fournisseur en dettes nationales de nos chers pays capitalistes. La Russie étant devenue stratégique, quant à l’administration du gaz à l’Europe, n’est donc pas un bon candidat. Le terrorisme… le concept est suffisamment vaste pour englober différentes nationalités mais sans nom ni visage. Et comme nous l’avons vu, cela est indispensable pour éviter la dispersion d’un sentiment de terreur. Dans ce contexte l’Iran et ces alliés sont les meilleurs candidats au rôle de démon.

Les islamistes ont un argument de poids face au capitalisme. Ils ont mis le doigt sur la plus grande faille du système: la vertu. Comme nous l’avons déjà souligné, l’aspect moral bien/ mal est dans le système capitaliste, relégué à l’univers individuel. Cette pratique réduite à l’être et non à la société la rend fragile. A l’image des radicaux religieux, les islamistes s’appuient sur ce point faible pour légitimer les actes et leurs positions.

Au-delà du vrai danger que cela puisse paraître, je dis bien paraître, aux yeux d’un système capitaliste, il s’agit en réalité plus d’un danger individuel qui comporte des conséquences au niveau des libertés des êtres désireux d’exister dans le respect de leur propre identité.

Mais pourquoi paraître? Derrière tout endoctrinement nous pouvons observer une lutte pour le pouvoir et un flux d’argent comparable à celui du capitalisme. Uniquement la renonciation à ce dénominateur commun pourrait donner une vraie force idéologique. Il s’agit donc plus d’un danger humain que sociétaire.

L’Iran et ses alliés inscrits dans le cadre d’états islamistes sont donc les candidats idéaux pour représenter le démon capitaliste. Sans pour autant être un danger pour le système, il l’est pour les individus. Le capitalisme a donc les outils pour animer la motivation collective et la faire adhérer à une idéologie qui sera capable de développer un argument vertueux. La peur et non la terreur, permet de faire renaître l’argument idéologique des systèmes démocrate – capitaliste. Les dérapages non contrôlés seront simplement engloutis par le système comme un “mal régulateur”.

* La maladresse des Buchs a été le fait de vouloir maîtriser la globalisation avec une communication naïve du bien et du mal, une communication primaire et infantile. Or dans le monde actuel où les médias et les informations sont à la portée de tous, les individus ont grandit et ont construit une conscience dans laquelle la bipolarité n’a plus de place. Le système est plus complexe et la communication doit gérer toute une gamme de nuances et de subtilités. Sans tenir compte des nouvelles compétences des individus, les Buchs ont oublié de gérer la communication liée aux jeux de pouvoir, enjeux dont les individus sont au courant. La sensation de mensonge s’est répandue retirant une grande partie du soutien dont il avait besoin.

@Regards de Femme// Les Pensées Akelarre np©nathalie.peguero
11/10/2009

Citer en tant que:
Nathalie PEGUERO: Reflexion à haute voix: « La dualité, une pré-requis pour l’existence du capitalisme 1.8 » Coll. Les Pensées Akelarre Ed. WordPress on line. 2009